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LA RÉINCARNATION
Chaque personne – chacun de nous – vit actuellement dans plusieurs corps, mis à part le corps physique qui nous est familier. Ces
corps existent sur ce qu’on peut appeler les plans intérieurs connus sous les noms de « spirituel », « mental» et « émotionnel ». Chaque personne acquiert un corps physique par le processus naturel de la
naissance. Nous naissons en ce monde et vivons notre vie, conscients de nos réactions de joie et de douleur, puis notre corps physique meurt
parce qu’il ne peut plus soutenir la vie physique. L’occupant du corps vit encore sur les autres plans, tandis que la matière du corps physique
retourne à son évolution chimique primordiale. Après une période de repos intérieur et de croissance, l’occupant acquiert de nouveau un corps
sur le plan physique pour y vivre d’autres expériences nécessaires. Il n’y a aucune autre façon qui nous soit accessible. Dans la santé et la
croissance normales en ce monde, la conscience d’une personne est plus ou moins centrée sur le corps physique. Cependant, durant le sommeil,
la conscience peut quitter le corps physique. En fait, notre conscience est au courant de choses qui se passent sur les plans intérieurs pendant que nous sommes éveillés sur le plan physique.
Par exemple, lorsque nous sommes éveillés dans notre corps physique, nous réagissons aux idées – sentiments de joie ou de douleur – qui proviennent de causes qui ne se situent pas sur le plan physique,
mais dans les royaumes mental et émotionnel. Les états de veille et de sommeil sont de profonds mystères. Par ces portails nous nous réincarnons chaque jour. La naissance et la mort
sont également mystérieuses. Par ces portails, nous nous réincarnons d’un cycle de vie à l’autre. Nous savons que ces phénomènes sont nécessaires à notre croissance et à notre bien-être. Nous sommes sous
la domination de leurs limitations, mais un jour nous apprendrons à les maîtriser comme l’ont fait d’innombrables autres êtres qui ont appris
ces secrets et acquis de semblables pouvoirs au cours de vies d’étude et d’entraînement. La loi de réincarnation explique les inégalités évidentes entre les gens au cours d’une même vie : nos compétences
ou notre manque de compétence, notre richesse ou notre pauvreté, notre souffrance ou notre bien-être. Pendant ce temps, la connaissance de la réincarnation nous accorde tout espoir d’atteindre ces pouvoirs
transcendants. Chaque pensée, action ou parole guidée par la « Règle d’Or » nous aide à faire prendre de l’expansion à notre conscience sur tous les plans de l’existence.
Le Temple enseigne que non seulement les individus, mais aussi les groupes tels que les familles, les nations, les races, les planètes et les étoiles, aussi bien que chaque atome en manifestation dans les
règnes organiques et inorganiques, sont tous assujettis à cette loi de la réincarnation afin d’acquérir l’expérience nécessaire pour apprendre la leçon de l’unité avec tout ce qui vit.
Le Temple enseigne que chaque vie est meilleure ou pire selon qu’elle a été guidée ou non par la « Règle d’Or », et que le but des vies successives est de nous aider à prendre conscience du pouvoir inviolable
de la loi de l’unité universelle de l’humanité. Nous ne pouvons pas exister hors de cette loi ; nous vivons avec elle ou contre elle, et dans les deux cas avec l’effet correspondant.
Le Temple enseigne que la connaissance même de notre propre existence nous force à reconnaître un pouvoir plus grand que nousmême ; que ce pouvoir peut être appelé « Dieu » ; et qu’il nous pousse
à jamais vers la reconnaissance de ce Dieu dont témoignent chaque chose et personne autour de nous, sur le plan même où nous vivons. Le Temple enseigne que cette réalisation est aussi nécessaire à notre
bien-être que l’air est nécessaire à notre corps physique. Le Temple enseigne que nous vivons en harmonie avec l’ensemble de la création dans la mesure où nous nous conformons à la « Règle
d’Or », et que cette harmonie, qui domine l’univers, est clairement démontrée par les systèmes solaires partout dans l’espace aussi bien que dans les lois qui gouvernent méticuleusement tous les royaumes
de la nature – atomique, moléculaire et cellulaire. Le Temple enseigne que l’univers est gouverné par douze principes dont les noms sont : Amour, Volonté, Sagesse, Connaissance,
Foi, Espoir, Vérité, Justice, Loyauté, Honnêteté, Service et Obéissance. Ces douze principes contiennent tous les buts que nous puissions possiblement atteindre – le sens même de Dieu en manifestation. Le
Temple enseigne que les opposés de ces principes existent mais ne peuvent être générés que dans notre coeur et notre esprit ; et que même ces opposés peuvent produire des effets uniquement s’ils sont combinés
avec l’un ou l’autre aspect des principes constructifs. Par exemple, même la déloyauté exige une certaine connaissance pour aboutir à la trahison comme résultat.
L’utilisation positive de ces principes soutient la vie. Leur usage négatif détruit la vie. La plupart des incarnations sont un champ de
bataille où s’affrontent ces forces en fonction de notre volonté individuelle. En abuser produit la haine, l’avidité, les préjugés, la colère et
l’égotisme. Cela produit la destruction par les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, le feu, l’eau, la sécheresse, les cyclones, la
pollution, la pestilence et la maladie, aussi bien que par la guerre, la rébellion, la confrontation, la faim, la pauvreté – toutes les misères. Tous les royaumes de la nature souffrent de cet abus.
La raison primordiale pour l’étude de toute science, art, philosophie ou économie est de démonter l’efficacité de la « Règle d’Or ». Les simples compétences technologiques, sans lumière morale, sont au
mieux un gaspillage et elles sont habituellement fortement destructives. Le but de la réincarnation est de nous donner l’occasion de changer les
principes et les effets négatifs pour les ramener à leur but originel positif et sacré : notre identité avec Dieu. Par conséquent, de ce point de vue,
les idées, les idéaux, la morale et l’éthique, tels que représentés dans une personne ou un groupe de personnes, sont également assujettis à la loi de la réincarnation – la loi de la vie continue.
Ces forces nous unissent et nous forcent à nous réincarner dans un corps physique parce que les forces qui existent dans nos corps mental et émotionnel ne meurent pas. Tant qu’elles ne sont pas transmutées,
elles entravent simplement le corps physique. La personnalité qui a généré ces forces au cours d’une vie peut bien être victime de forces semblables dans une autre vie. Le but de la réincarnation est accompli
lorsque cette expérience apporte éventuellement la reconnaissance de sa valeur et la transmutation ultime par l’inévitable souffrance, laquelle est le résultat évident d’actions du passé.
De manière similaire, selon les « Enseignements du Temple », le bon en nous n’est jamais perdu, mais continue de grandir au cours de vies successives. L’individu fait de plus en plus partie de l’unité de
l’humanité et de la Paternité-Maternité de Dieu. Alors, ceux qui ont travaillé avec ce type de motivation se trouveront poussés par ces idéaux
à se réincarner encore et encore pour atteindre leur réalisation sur le plan physique, avec la réalité correspondante qui existe toujours en tant que
plan de Dieu, les douze principes. Dans cet accomplissement de plus en plus grand du but divin, les êtres inférieurs des règnes minéral, végétal
et animal et leurs énergies incommensurables reçoivent eux-mêmes de l’aide le long de leur propre série de vies vers la Divinité, car ils sont
au service de la créativité de l’humanité. À titre d’exemple, les cellules de notre corps se réincarnent en un cycle de sept ans. Le pouvoir qui nous attire dans l’incarnation à répétition repose
sur des liens d’amour et de haine, de sympathie et d’intolérance, de compréhension et de méfiance. Cette attraction implique des hommes, des femmes, des enfants, des familles, des sociétés, des professions,
des villes, des pays, des nations, des religions, des amis et des ennemis, et notre utilisation de tous les règnes de la nature. Si nous ne parvenons pas à nous comprendre mutuellement dans
une incarnation ou refusons de le faire, durant une autre incarnation nous nous trouverons dans une relation inverse. Nous apprendrons alors ce que c’est que d’être incompris. Si nous refusons de nourrir une
personne affamée, nous nous retrouverons un jour face à la faim et nous pourrons apprendre ce que c’est que de recevoir de l’aide ou de se la
voir refusée. Par conséquent, toute incarnation doit être le résultat des incarnations antérieures et établir les causes des incarnations à venir.
Là réside la justice et l’obéissance aux lois de la vie. Il n’y a rien qui soit le « destin aveugle » ou la prédestination. L’étude de l’histoire connue du point de vue de la réincarnation
des gens imbus d’idées similaires révèle un patron cyclique d’action et de réaction. La barbarie, la complexité, les marées culturelles montantes et descendantes, les sièges, les conquêtes, la stabilité et la
rébellion, tout se reflète en tant que cause et effet dans le patron global de la réincarnation. Derrière ces patrons, on peut discerner les lois qui
guident et contrôlent les vies successives, enseignant l’inviolabilité de la « Règle d’Or ». La croyance en la réincarnation met automatiquement en
lumière de nombreuses vérités. Lorsque nous lisons au sujet des races et civilisations du passé, nous lisons au sujet de nous-mêmes. Nous avons vécu dans toutes les races. Nous avons vécu comme hommes, et
nous avons vécu comme femmes. Nous avons vécu dans la pauvreté, et nous avons vécu dans la richesse. Nous avons vécu dans des sociétés primitives, et dans des ères hautement technologiques.
Le Temple enseigne que chaque atome de l’univers, dirigé par Dieu, progresse le long d’un sentier d’évolution par la réincarnation. Tous les degrés de la conscience de Dieu voyagent sur le même sentier.
Dans l’ère actuelle, en tant qu’individus, nous ne nous sommes pas réincarnés après avoir été des animaux, et cela n’arrivera pas non plus dans le futur, quoique nous puissions avoir des traits que l’on puisse
qualifier « d’animaliers ». À titre d’analogie, un chou ne peut pas pousser dans un rosier. En fait, personne ne possède rien – même pas son propre corps
ou son propre esprit. Tout ce qui peut jamais exister – principes, lois, pouvoirs, idéaux, idées, produits chimiques, sur tous les plans et dans
tous les mondes – est simplement la réalité de Dieu, l’Esprit de Dieu, et est à jamais connu de Dieu. Dans l’humanité, la conscience de ces vérités grandit graduellement grâce aux incarnations successives. Le
droit de participer de ces pouvoirs divins, de devenir un gardien de ces pouvoirs, se mérite. Comme nous sommes tous différents, il s’ensuit que nous avons
tous diverses sortes d’expériences dans différentes incarnations. Dans la réincarnation, nous retenons infailliblement ce que nous avons mérité ;
cela n’est pas oublié. Mais la mémoire des personnalités spécifiques identifiées à des incarnations spécifiques ne servirait à rien de bon pour
la plus grande partie de l’humanité en ce moment, aussi intrigante que cette spéculation puisse être. Cette limitation de la mémoire est sans aucun doute une protection miséricordieuse contre le passé.
De toute évidence, certains individus ont eu plus ou moins d’incarnations que d’autres, ce qui explique les différences entre les gens. Par conséquent, si un homme ou une femme est un grand scientifique ou
un grand artiste, il ou elle a gagné le droit et la responsabilité d’utiliser certains pouvoirs de la Divinité à travers de nombreuses incarnations
de travail en ce sens. Aucune Divinité ne détermine arbitrairement qu’un individu sera, sans effort, un grand exécutant pendant que l’autre demeurera un cas sans espoir. Le génie d’un Mozart est pleinement
épanoui, fruit du labeur de plusieurs vies. Toute entité en évolution peut, par la réincarnation, atteindre un jour n’importe quelle hauteur ou aspiration.
Le Temple enseigne que chaque personne se réincarne dans le seul endroit et dans les seules conditions sur Terre qui fourniront les circonstances pour le prochain et le seul pas à faire dans le voyage de
sa vie. De toute évidence, il n’y a aucune possibilité d’obtenir quelque chose pour rien. La réincarnation est un argument profond en faveur de la patience. Comme aucun pouvoir, aussi grand soit-il, ne peut
nous accorder des capacités que nous n’avons pas gagnées, il s’ensuit qu’aucune de ces capacités que nous avons gagnées à bon droit ne peut nous être enlevée. Ce que nous sommes aujourd’hui est la somme
de ce que nous avons gagné dans cette vie ou dans des incarnations antérieures. Nous seul pouvons accroître ou diminuer cette somme à mesure que nous utilisons nos capacités en fonction de la « Règle
d’Or » ou en l’enfreignant. L’interdépendance de tous les gens est démontrée par le fait que personne ne peut s’incarner ou vivre seul où que ce soit sur Terre. Nous
naissons parmi certaines personnes et certaines choses, attirés par elles en raison de la façon dont nous les avons traitées et dont elles nous ont
traités. Ces relations varient et nous fournissent l’expérience d’apprendre l’interdépendance de toute vie, aussi bien que l’occasion de rembourser
ce que nous devons, et d’être payé pour ce que nous avons gagné. Nécessairement, nous nous incarnons chaque fois à la place que nous seul pouvons et devons occuper. Chacun de nous doit faire
un travail que lui seul est capable de faire, avec ses propres forces et faiblesses individuelles, malade ou en santé, faible ou fort. Si quelque
personne que ce soit manque à l’appel, l’ensemble de la manifestation est incomplète. Ainsi toutes les personnes sont également importantes, chaque personne compte. Aucune mesure de succès ou d’échec – tels
que définis par les sociétés mondaines – n’affecte ce droit de chaque être humain. Nous n’apprenons que par l’expérience. La réincarnation fournit
l’expérience nécessaire. Comme l’Esprit de Dieu est infini, nous avons besoin d’innombrables incarnations pour nous intégrer littéralement dans la Divinité consciemment. Chaque moment de chaque vie se
caractérise par la reconnaissance ou la négligence de cette Sagesse dans toute son ampleur. Cette occasion quotidienne est le plan de Dieu pour toutes les
créatures. Chaque forme dans chaque règne de la nature est sur la voie d’une éventuelle unité consciente avec Dieu. Nous sommes propulsés par l’existence de l’Étincelle divine de Dieu à l’intérieur du centre de
notre être – notre coeur. Placée là par Dieu, elle donne le départ à la plus petite et à la plus grande des créations divines sur le sentier de
l’évolution, dans un vaste schéma d’incarnations. Tous les règnes de la nature, les atomes, les étoiles, les gens et les planètes voyagent sur le même Sentier, vers la conscience de Dieu.
La preuve du pouvoir, de l’intelligence et de l’harmonie dans l’univers est d’un ordre beaucoup plus grand que ce que nous pourrions possiblement démontrer. Il s’ensuit que ces capacités mystiques sont
sous la garde des Grandes Âmes qui ont vécu infiniment plus de vies que nous. Dans les « Enseignements du Temple », la plus élevée de ces
Grandes Entités s’appelle le « Soleil Spirituel Central » ou « Christos ». Le « Christos » est le premier « Enfant » incarné. La hiérarchie des êtres
qui sont venus à la suite du « Christos » sont comme des « Rayons de la Lumière divine », guidant et rendant possible la manifestation de
l’univers. Ils sont des incarnations de « Sa Volonté » et de « Son Esprit », tout comme le « Christos » est l’expression de la Divinité infinie. Comme pour tout le reste dans l’univers, ces Grands Êtres
ont créé notre planète Terre. Ils guident et contrôlent son évolution et chaque chose ou créature qui s’y trouve. Ils sont connus sous le nom « d’Avatars », « Christs », « Archanges », « Maîtres » et leurs
« Disciples ». Ils servent continuellement en tant que leaders de l’humanité dans toutes ses activités constructives. Parmi eux, reconnus et non reconnus, figurent les incarnations des leaders mondiaux en
science, en art, en métier, en religion, les naturalistes, les industriels, les enseignants, dans tous les domaines. L’Avatar – le Christ – s’incarne pour cette humanité une fois
tous les deux mille ans, et donne une nouvelle impulsion à l’entreprise humaine. Des incarnations inférieures et plus fréquentes incorporent et expriment diverses facettes de la même Grande Âme. Elles sont
rarement reconnues par nous et, à ce jour, d’une façon ou d’une autre, toujours crucifiées par nous. Néanmoins, elles représentent une ligne
continue d’êtres qui s’incarnent entre les Christs de tous les temps et les gens de tous les temps, aujourd’hui comme toujours dans le passé.
Elles sont aussi l’incorporation du futur, puisqu’elles représentent la perfection encore très lointaine qui nous attire toujours vers une nouvelle incarnation, vers l’atteinte de la Maîtrise.
L’association karmique de motivations cause également l’incarnation de ceux qui s’opposent à l’expression du Christ. Ils sont attirés dans l’incarnation pour tenter de perturber et de détruire tout effort des
Maîtres pour promouvoir l’unité de toute vie. Ce sont là certaines des vérités concernant la réincarnation. Elles donnent à tous et à chacun de nous le droit de choisir et éventuellement
d’atteindre notre propre droit de naissance, la Paternité-Maternité de Dieu, l’unité de tous les peuples, la dignité de la responsabilité personnelle envers nos semblables et toute la nature.
Harold E. Forgostein Quatrième Gardien en Chef
LE KARMA
La loi du karma est intimement liée à la loi de la réincarnation et aux lois qui gouvernent les plans intérieurs de la vie. L’étude de
l’une doit nécessairement inclure l’étude de sa portée sur les autres, tout comme l’étude de n’importe quel système ou appareil du corps humain doit inclure sa relation avec les autres qui forment l’ensemble
du corps humain. Le mot « karma » provient du sanscrit et il n’a aucun équivalent en français. C’est le nom de la loi primordiale de cause à effet, et le rapport
des plus rigoureux qui existe entre les deux. À mesure que chaque effet est produit, il devient à son tour une cause exigeant un nouvel effet sous
une forme différente. Il n’y a jamais deux cycles de cause et d’effet identiques, tout comme chaque jour est différent de tous les autres, parce que la Terre et le Soleil se trouvent en des endroits différents
dans l’espace. Ainsi le cycle de cause et d’effet pousse les atomes, les hommes et les étoiles à une plus grande expression. Le Temple enseigne que le but de ces cycles est l’unité consciente avec Dieu.
La loi de cause à effet s’applique dans tous les règnes de la nature. C’est la loi prépondérante des lois de la chimie, de la physique, de
l’électronique, de l’astronomie, de la botanique, de la physiologie, etc. L’humanité considère les lois qui s’appliquent dans tous ces domaines d’étude comme inviolables. Nous savons que dans le contexte de la
science, il ne peut exister un effet sans qu’il ait une cause appropriée. Ces sciences font la démonstration que nous ne pouvons obtenir quelque chose pour rien.
Le Temple enseigne que dans toutes nos activités – peu importe qu’elles se situent sur le plan économique, psychologique, éthique, moral, etc. – la loi du karma reste inviolable. Nous ne sommes pas
toujours convaincus sur ce point, principalement parce que nous ne pouvons pas encore remonter des effets aux causes sur les divers plans de notre vie. Si nous laissons tomber un objet lourd, nous savons qu’il
va tomber vers le sol. C’est ce à quoi nous nous attendons d’une loi naturelle. De la même façon, si nous ne voyons que le mal dans le monde, nous pouvons nous attendre à ce que la loi naturelle limite
notre vision. Notre conscience, en tant que dépôt de nos valeurs morales, a été considérablement abrutie par l’acceptation de nombreux concepts
erronés. Plusieurs croient qu’après la mort nous entrons dans un état de béatitude éternelle ou de damnation infernale perpétuelle. Nous pouvons également croire que quelqu’un d’autre – une Grande Âme –
a, par sa crucifixion, racheté tous les péchés de l’humanité. Nous pouvons aussi croire qu’un Dieu jaloux a déversé sur nous toutes sortes
de souffrances et de peines que nous appelons « prédestination », laquelle représente une source d’inconfort toute puissante, une force aveugle
inattaquable, inéluctable, inaltérable et, en particulier, imméritée. Cependant, aucune remise en question de ce genre ne s’élève si la vie est facile. Nous pouvons déclarer notre croyance impitoyable dans le
mode de vie « mange, bois et aies du plaisir » comme étant opposée à la croyance en « l’automortification complète » même si cela nous indigne.
À tous les niveaux économiques, nous avons transformé ces croyances en un esprit de compétition de plus en plus dévastateur, silencieusement
justifié en tant que survie du plus apte. L’humanité ne peut définir ces croyances que dans les termes personnels et théocratiques les plus vagues, mais nous leur avons permis de nous couper dangereusement
de la lumière de la vérité. Le Temple enseigne que la loi du karma gouverne le royaume des émotions et de l’esprit humain tout autant que l’environnement de notre
corps physique. Les plans subtils de l’action mentale et émotionnelle sont encore plus rigoureux dans leurs exigences que le plan de l’aspect physiologique de l’humanité. La force d’une parole prononcée s’étend
beaucoup plus loin que son pouvoir de frapper l’oreille. Malédiction, prière ou salutation de convenance, elle revient à son émetteur avec sa
charge de sollicitude, de malice ou de négligence multipliée par dix. Le regard lubrique ou d’amour, d’inimitié ou d’amitié, de discrimination
ou de beauté ne perd rien de son intensité quand la lumière baisse et que la vision n’est plus aussi précise, mais il ramène à la conscience qui
regarde distorsion, aveuglement, désespoir ou fadeur, ou encore leur pôle opposé, exaltation, bien-être, lumière spirituelle et connaissance. Chaque sorte de pensée ajoute au total des pensées similaires de
l’ensemble de l’humanité. L’une des affirmations les plus littérales de cette doctrine de cause à effet dit : « Heureux ceux qui ont le coeur
pur, car ils verront Dieu !1 » Tout le « Sermon sur la montagne » est l’enseignement des Maîtres de la Grande Loge au sujet du karma, réitéré par le Maître Jésus en ce cycle de 2 000 ans.
On trouve un autre reflet imparfait de la loi du karma dans le dicton : « OEil pour oeil, dent pour dent. » L’auteur de ces mots dit explicitement qu’on ne saurait échapper à la loi, pas même à un point
ni à un trait de la loi, puis il proclame d’une voix forte : « La vengeance est mienne. » Mais l’humanité a pris sur elle d’administrer cette loi,
en particulier la vendetta des représailles, et ce faisant elle a toujours, à travers les âges, répondu à un crime par un autre crime. La loi du
karma insiste sur le fait qu’il faudra répondre de chaque pensée, parole et action dans leur totalité, et que chaque pensée, parole ou action devra
être compensée et harmonisée à l’intérieur de l’univers. Le karma dit que cela ne signifie pas une réaction similaire – cela signifie changement jusqu’au point de non répétition.
L’histoire de l’humanité montre que notre sécurité repose faussement sur notre capacité de faire tout ce que nous désirons, et cela sans conséquences appropriées. Notre histoire jusqu’à ce jour a
été un long défilé d’outrages envers nos semblables et de destruction de notre environnement naturel. L’humanité a cru être exemptée malgré
que tout le reste de l’univers soit assujetti à la loi qu’aucun homme ni aucune femme ne peut changer. En conséquence, lorsque le doigt de Dieu pointe vers nous en tant que débiteurs envers toute vie, soit nous
protestons, soit nous nions, alors qu’en réalité Dieu dit : « Vos comptes ont été tenus depuis le jour où vous avez fait votre premier pas. Mes Fils vous l’ont dit. »
Cette grande loi du karma, qui englobe totalement l’ensemble de l’humanité, est un instrument de destruction uniquement dans la mesure où nous l’avons nous-mêmes mise en action de cette façon. De
même, elle est l’instrument de l’abondance de Dieu dans la mesure où nous avons vécu en fonction de la « Règle d’Or » de Dieu. Elle peut être décrite comme une trinité. Ses principes sont l’engagement, la
responsabilité et la justice. Rien ne peut exister hors de son pouvoir. Le principe de l’écologie démontre clairement comment opère la loi du karma. De nos jours, on a compris qu’un équilibre strict entre
les zones sauvages et les zones cultivées de la planète est une situation qu’on ne saurait malmener sans provoquer de sérieuses perturbations et
la destruction de tous les règnes de la nature, organiques et inorganiques. Les résultats de ces violations sont rapidement connus. La perte immédiate
dans les règnes animal et végétal se reflète dans la destruction de la terre, de l’eau et de l’air, à un point où ils ne peuvent plus soutenir
aucune forme de vie. Cette relation intime entre la cause, l’effet et l’équilibre est une question de survie mutuelle lors du processus d’évolution. Tandis que l’avidité de l’humanité continue de détruire
l’économie naturelle, la signature de cette avidité se trouve sur tous les murs du monde. L’évidence patente du rapport de cause à effet montre
une humanité provoquant sa propre destruction. Chaque famille d’êtres, de l’arbre au brin d’herbe, des grands animaux aux êtres unicellulaires,
des oiseaux et des poissons aux planctons, soutient une relation des plus vitales avec les autres. La mort de l’une provoque la perte d’une autre,
jusqu’à ce que la terre, l’eau et l’air soient transformés en poison. La cause et l’effet de la pureté n’est pas une coïncidence à quelque niveau que ce soit. Elle est des plus délibérées.
L’humanité a toujours considéré la terreur et la destruction causées par les volcans, les inondations, les tremblements de terre et les ouragans comme des punitions qui nous sont infligées soit par un Dieu
injuste, soit par une bourde de forces naturelles élémentaires aveugles. S’il y a quelque vérité que ce soit dans la philosophie de la cause et de
l’effet, alors aucun aspect de la manifestation ne peut se soustraire à son pouvoir. Notre mauvais usage des règnes naturels est responsable de la
violence de la nature. Notre utilisation colérique du feu par nos armes à feu, nos malédictions, notre négation abusive des droits humains et
notre mépris total du droit à la vie des formes qui nous sont inférieures, toutes ces choses sont des crimes contre nature. Ils sont absorbés par
les éléments qui constituent cette nature jusqu’à ce que le déséquilibre ne puisse plus être contenu et qu’il provoque éruptions volcaniques et tremblements de terre. La tempête dans les émotions d’une personne
rejoint celle d’autres personnes jusqu’à ce qu’il en sorte une tornade. Le fait d’allumer une allumette, geste familier et parfois négligent, reste
encore un mystère occulte où un feu, qui n’est pas du tout compris par l’humanité, libère une force qui est venue de quelque part et qui n’est
pas détruite par le simple fait d’avoir éteint l’allumette en soufflant dessus. Ce feu devient une bénédiction ou une malédiction selon son
utilisation karmique. Que son usage soit intentionnel ou insouciant, son effet cumulatif peut bel et bien provoquer un désastre naturel comme
un tremblement de terre, une éruption volcanique, une inondation, etc. Ou, il peut être une source de confort et de guérison pour qui l’a fait naître.
La même chose est vraie du feu que dégage l’opération de toutes choses. Par exemple, l’esprit et les émotions des gens qui conduisent une automobile se transforment en un instrument de destruction ou
de service constructif. La bénédiction ou la malédiction va selon la motivation de l’usager. Il est possible que le plus grand crime contre
nature soit le gaspillage que représentent la complaisance envers soimême et l’abus délibéré des choses matérielles. Les grands équilibres
critiques du feu et de l’eau, de l’air et de la terre sont détruits ou restaurés karmiquement par tout ce que fait l’humanité. Tout ce que nous faisons est une expression de l’équilibrage
des opposés ou des contraires : amour ou haine, avidité ou sympathie, construction ou destruction. Chaque chose dite est une mesure de vérité
ou de mensonge. Un kilogramme de fer ne peut pas être créé simplement à partir de rien, pas plus qu’il ne peut être réduit à la non-existence. La
plus simple syllabe d’expression n’en est pas moins sujette aux lois de la création. Elle vient de quelque part ; elle n’a pas cessé d’exister parce
qu’elle n’est plus entendue. Nos pensées les plus intimes ne sont pas moins puissantes, car elles ne peuvent avoir leur source dans le néant
et elles ne sauraient cesser d’exister parce que leur utilisateur les a simplement oubliées ou écartées de son esprit. Selon sa motivation et son
utilisation, la pensée devient « une » avec le grand équilibre du feu, de l’air, de l’eau et de la terre, avec un réalisme plus subtil que celui même
des correspondances physiques, soit pour bénir ou soit pour jeter un sort à l’humanité. Le karma de cette interaction est immédiatement manifesté
dans notre bien-être physique et psychologique. Il est maintenant tout à fait reconnu, par exemple, que la colère crée des poisons dévastateurs
dans le corps humain. L’analogie invite à spéculer sur les conséquences du mensonge chronique, de la peur, de la frustration, de la suffisance ou du refus d’écouter.
Le Temple enseigne que toute maladie a son origine dans ce qu’on peut appeler les plans intérieurs – l’esprit et les émotions de chacun de nous. Aujourd’hui, ce que nous appelons la sécurité peut nous amener
à prendre conscience de la loi du karma. L’assurance de notre bien-être personnel et de celui de nos êtres chers nous oblige à nous préoccuper
du reste du monde. La façon dont nous traitons le monde détermine en définitive notre promesse de sécurité. L’acceptation par l’humanité de faux standards – de fausses
valeurs relatives au statut social et économique – produit éventuellement une réaction karmique de peur, d’avidité et de désespoir. Nous le reconnaissons
tous très bien. Plus la réaction est intense, plus grande sera la motivation de s’échapper périodiquement en abusant de drogues, d’alcool, etc. Ces aspects et autres stratagèmes créent une distorsion
de notre responsabilité naturelle envers notre monde en échange du privilège d’y vivre – de notre contribution au bien-être de la planète elle-même. Ainsi notre relation à l’ensemble de l’univers s’appelle
« karma ». Lorsque la foi devient méfiance ou que l’espoir devient désespoir, lorsque se réveille l’écho ou le cri qui résonne depuis la nuit des temps,
« Pourquoi ceci m’est-il arrivé ? », alors tôt ou tard le karma nous force à reconnaître que nous nous sommes attiré cela nous-même. Lorsque nous souffrons, le karma nous place aussi dans une position
où nous pouvons nous restaurer nous-même. Car, une fois que nous reconnaissons la cause et l’effet en nous, notre pouvoir d’endurance n’est plus gaspillé en ressentiments ni en protestations. Ainsi le karma
est véritablement l’expression de la justice ou de l’équilibre, ce qui est son but ultime. Lorsque nous bougerons dans une foi implicite dans le pouvoir
divin qui nous a amenés à exister, nous ne serons plus terrorisés par quoi que ce soit, qu’il s’agisse d’un être ou d’une chose. Nous n’exercerons
aucunes vengeances, aucunes représailles. Nous laisserons tout cela au karma. Selon le karma, personne ne peut vivre seul. Notre joie et notre
peine sont notre part de la joie et de la peine du monde. Par conséquent, améliorer la joie du monde et soulager sa souffrance devient notre responsabilité karmique.
Pauvreté et richesse, joie et peine, douleur et souffrance ont pour résultat ultime changement et croissance. Cette croissance devient contentement, ce qui aide à faire prendre de l’expansion à notre
conscience jusqu’au point d’aimer tous les êtres et de nous reconnaître un Père commun. Cette équanimité est le but de l’opération du karma.
C’est le troisième aspect d’une trinité d’action, réaction et réalisation de la Divinité. Ceci est la loi divine du karma. La Divinité elle-même
utilise la cause et l’effet pour atteindre cet équilibre et elle ne peut accepter rien de moins. Le karma n’est pas une prédestination qui apporte soit un privilège,
soit un fléau. À part le fait qu’il ne peut y avoir aucun effet d’aucune sorte sans une cause appropriée, le karma n’interdit en rien quelque
possibilité d’action que ce soit. Le karma est l’inexorable coopération de la loi. Ce n’est pas une structure aveugle et irresponsable surimposée
sur des choses ou conditions sans rapport les unes avec les autres. Le karma est véritablement « Amour parfait » en équilibre. Le karma n’interfère en rien avec le droit de n’importe qui d’entre
nous de choisir une voie d’action. Les limitations de ce choix relèvent de l’état évolutif de chacun de nous. Nous sommes libres d’en faire ce que nous voulons. Chaque pensée, mot et action dans notre vie est
un effet d’un engagement antérieur qui, à son tour, devient une cause d’un effet à venir. Chaque cycle de cause et d’effet, peu importe son
amplitude ou sa brièveté, fournit l’occasion d’améliorer ou de dégrader la personne qui a fait ce choix. Le karma est une trinité de cause, d’effet
et d’équilibre correspondant. Deux cycles de cause et d’effet ne peuvent jamais être identiques. Le « bon » karma ou le « mauvais » karma n’existent pas. Les
circonstances dans lesquelles nous nous trouvons sont celles qui nous fournissent la seule voie possible par laquelle nous pourrons prendre notre prochaine respiration, faire notre prochain pas dans la vie,
ou apprendre la prochaine leçon que la loi de la vie exige que nous apprenions. Nous évoquons la loi. Nos limitations, quelle que soit leur
nature – spirituelle, émotionnelle, mentale ou physique – sont les effets de notre propre karma, celui que nous avons créé. Mais elles ne sont pas
des barrières ou des handicaps que nous ne pouvons pas surmonter. Au contraire, elles nous offrent le maximum d’occasions et de moyens pour
commencer une vie plus grande. La résistance de l’eau sur le bateau lui fournit également le seul moyen de se déplacer sur l’eau. Le karma utilise la réincarnation pour nous placer dans toutes les
circonstances de croissance. La croissance matérielle et la pire pauvreté nous enseignent toutes deux la leçon de la responsabilité tout comme le
simple fait que la Terre appartient au Seigneur et que chacun de nous est au mieux un gardien de sa plénitude. Notre propre progrès dépend non pas de la quantité de nos richesses, mais de l’usage que nous en
faisons pour le bien de tous. Cette utilisation va augmenter ce dont nous avons la charge comme gardien, tout comme l’utilisation égoïste va le limiter – même au point de nous affamer si nécessaire.
Le karma dit qu’une personne sera identifiée à une race ou à une autre en fonction des besoins et caractéristiques de cette personne. La relation karmique d’une race avec une autre varie avec la leçon à
apprendre par le groupe de personnes ainsi attirées les unes vers les autres karmiquement. La race figure ainsi dans la croissance évolutive de tous les peuples, fournissant les conditions karmiques nécessaires
à l’apprentissage de leçons spéciales, ce qui ressemble beaucoup aux degrés ou niveaux d’instruction dans les écoles. Pour apprendre toutes les leçons de la vie, chacun de nous aura
vécu dans toutes les races de l’humanité. Chaque race dirige tour à tour l’humanité sur son sentier d’évolution. Chacune représente également
l’effet de l’abus de leadership. Son apogée et sa dégénérescence sont le résultat ou l’effet de causes antérieures, des choix accumulés de ses
membres. La démocratie, l’autocratie, la monarchie et la dictature sont toutes des résultats accumulés des actes de l’humanité. Nous y vivons
parce que nous l’avons choisi ainsi ; et nous y apprendrons la sagesse de notre choix. Le karma nous a attirés vers la famille, les amis et les ennemis
qui nous entourent, quels qu’ils soient. Nous leur devons une relation de cause à effet, et eux nous le doivent aussi. Ceci est le début de notre
implication karmique avec l’ensemble de l’humanité. Partager la Terre est une implication karmique. Juste connaître les besoins d’autrui est
une implication karmique. Cette ère de communication audio et visuelle quasi instantanée comporte une énorme responsabilité karmique. Personne ne peut plus dire : « Je ne le savais pas. »
Le karma et la réincarnation sont interdépendants pour rendre compte de la possession de tous les talents et capacités. Nous devons tous gagner nos propres talents. Le karma dit qu’une personne n’est
grande dans la vie que parce qu’elle s’est mérité cette capacité et cette responsabilité dans des vies antérieures. Le degré de grandeur est relatif. Nos pouvons être le leader de ceux qui nous entourent ; nous
sommes les disciples de ceux qui nous ont précédés et ont rendu nos progrès possibles. La loi du karma identifie chacun de nous à une forme différente de
religion qui est le résumé de nos propres actions du passé. Comme ces actions représentent la « Règle d’Or », de même elles placent leur auteur
de plus en plus près de la véritable Source de toute vie. Ce sentiment d’unité spirituelle est incorporé dans une hiérarchie d’innombrables Grandes Âmes qui ont vécu une succession de vies dans le service de
l’humanité et qui sont devenues « une » avec toute loi. Elles sont les serviteurs de la Volonté de Dieu. Elles sont les instruments de la loi du
karma. Ces Grandes Âmes administrent la justice rigoureuse qui régit l’univers. Elles apprennent aux membres les plus jeunes de l’humanité à reconnaître et à se soumettre à cette justice rigoureuse.
Un vrai membre du Temple ne peut concevoir aucun privilège plus grand, aucune responsabilité plus grande, dans toute vie, que le karma de l’association consciente avec le Temple de l’Humanité. Une
prise de conscience semblable est la couronne karmique du labeur de la présente époque.
Harold E. Forgostein
Quatrième Gardien en Chef
1 N.D.É. Évangile de Matthieu 5 8.
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